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deux hommes si semblables/two men so alike./Due umomini così simili... /Nouveaux poèmes/New poems/Nuove poesie

6

  

 

 A la mémoire de / In loving memory of:

Rudy Van Giffen

 

 

BIENVENUE/WELCOME/BENVENUTI

SUR/ON/SU

 

Illustration: Rudy Van Giffen Illustration: Rudy Van Giffen

 

MASSOUD TRENCAVEL RESISTANCE HEROES

 

Un site créé par /A site created by/Un sito creato da :

MONIA LISA

  

Ecrivain auto-édité par/Self-published author by

 Association Trencavel :

 indicatif éditeur/Self-publishing number:  2-9526274 

 

Texte/Texts/Testi : Monique Decamps, Société des Auteurs et des Compositeurs Dramatiques (SACD)

Traductions/Translations/Traduzioni:  Monique Decamps, with the help of MICK PERRYMENT and GIOVANNI CHECCUCCI.

dessins/drawings/disegni: Rudy Van Giffen, Giovanni Checcucci

copyright : Monique Decamps

 

 Ahmad Shah Massoud/Christophe de Ponfilly

Ilustration:  Giovanni Checcucci/Copyright:  Monique Decamps

http://giovanni010.tripod.com/massoud

 
 

liens/links

 
 

 MASSOUD/PONFILLY

VIDEO SONG/CHANSON VIDEO

 

ROYAYE ZEBA

(A SWEET DREAM/UN DOUX REVE)

 Our special thanks to:  KAWA KERAMI

http://www.jawedan.com

http://www.jawedan.com/en

 

I went to Panjshir... to wail and cry...

In the valley.. accross the mountains.

but i didnt see you .. massoud

where are you?..

there is emptiness here without you..

your were the pride of the province..

 

I will follow your path..and make your dreams come true... 

 

J’allai au Panjshir… me lamenter et pleurer

Dans la vallée, à travers les montagnes… 

Mais je ne te vis pas… Massoud…  

Où es-tu ? 

Tout n’est que vide sans toi 

Tu étais la fierté de cette région…

Je suivrai ton chemin… et réaliserai tes rêves.

 

TRENCAVEL

CHANSON VIDEO/VIDEO SONG
 SE CANTA
(IF IT SINGS/S'IL CHANTE)

 

THE MISTS OF TIME/LA NUIT DES TEMPS

MUSIQUE VIDEO/VIDEO MUSIC

ANTONIO VIVALDI

Jeudi 4 mars 2010 4 04 /03 /2010 15:06
THE DJANIAT... THE GARDEN OF GOD - 8
THE NIGHT OF DESTINY
La nuit du destin/The night of destiny
Illustration:  Rudy Van Giffen/Copyright:  Monique Decamps
 
The light became intense and swallowed the Earth in its golden curls.
The moon narrowed her dazzling eyes.The stars sparkled with marvellous pearls. Secured on the highest nebula, you remained prostrate In its evanescent flounces.
Cascades of souvenirs poured into your heart.  Borâq sighed, sadly.
     
Troubled by your sudden melancholy, the ants intoned a divine anthem,
A rope ladder appeared under your feet that the night dusted with the sapphire of her hands.
One by one, you descended the shimmering steps, delicately spun from silver silk.
The welkin glimmered with iridescent purple; God's tears flowed like a stream of coral beads.
  
Far, far below the Divine Flame swung in its Heavenly limpidity,
A familiar tune echoed in the air.  With astonishment, you started humming.
A clamour reached your ears, vibrant in its high spirits.
You swiftly leapt down lower. Another haze held you within its pulpy limits. 
 Happiness bathed your lonely soul in the warm waves of passion.
 Shadows searched in the red ochre of Eternity. Your body froze in expectation. Your late companions were there, gathered about you in the blaze of true friendship.
In sweet complicity the moon bent down to sealed reunion. The garden babbled in enchanted gossip.
 
  "My human friends!" cheeped the King of birds: "Another ladder comes into sight shining with golden specks.
  It will lead you to a casket wherein lies a precious treasure.  Follow it with faith
Yet, be cautious! But one false step and you will sink forever into the astral immensity…
Beware, my friends, as the skyline can be most treacherous within her giddy secrecy!"
 
 The ladder uncoiled the fairness of its charming curls
And remained suspended in a graceful poise,
The skies blazed with a russet light that the darkness blended within the black of its folds.
Most gently, you came to rest on the harmonious crest of a holy rock,
There the casket lay upon the fine sand. In wonder, you gazed at its wrought metal lock.
  
The key was missing, yet soon to be found under the sleeping dust of a flint,
You seized it in a gentle manner.The tiny thing slipped away swiftly.
Heedful not to let it drop, you barely caught it again in your clenched fist,
You turned the key in the lock. A little ball of mother-of-pearl sprang from the half-open lid.
 
The sphere expanded immensely, feathered out, then mutated in a whirl of violent blue.
  An angel emerged, spreading his immaculate wings on the trembling canopy of dew.
The Earth clearly appeared, radiant, wonderfully lovely in her gown of sapphire.
You leant to her surface.  Borâq beheld you from large and pure eyes.
 
 "Night of destiny!" you implored: "You who, of the Ramadan, mark the twenty-seventh day! You who are peace and light on Earth Until the serene dawn of the following day.
  Before the Spirit and the angels fly towards the Planet of Life, entwined in God's Will,
Allow me to unveil my wounded soul and divulge to you my most hidden wish...
 
I have borne within me since the fatal day of terrible shipwreck, the vision of innocent children lost on the painful banks of outrage.
Their grave small faces are, like tormented roses, rooted in my heart.
 How I desire to withdraw the barbed thorns of misery from their blood-stained petals!"
 
  On the highest haze, with glowing eyes, Borâq watched you still.The miraculous fountain, in the spiced air of Time, its small round bells did peal.  Enclosed within your depression, you remained quiet, unaware of the angel smiling close by.Flaxen feathers of his wing lightly brushed your shoulder. You started in surprise!
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Mardi 2 mars 2010 2 02 /03 /2010 15:04

LE DJANIAT... LE JARDIN DE DIEU - 8

LA NUIT DU DESTIN*

La nuit du destin/The night of destiny

Illustration:  Rudy Van Giffen/Copyright:  Monique Decamps

 

La lumière se fit intense qui inonda la Terre de ses volutes dorées,

La lune plissa ses yeux éblouis... Les étoiles scintillèrent de merveilleux reflets.

Assis sur la plus haute nuée, tu demeuras prostré en ses volants évanescents...

Une cavalcade de souvenirs déferla en ton coeur... Borâq soupira tristement. 

Inquiètes de ta subite mélancolie, les fourmis entonnèrent un hymne divin,

Une échelle de corde apparut sous tes pieds... La nuit la saupoudra du saphir de ses mains.

Une à une, tu descendis les marches délicates que la soie faisait châtoyer...

Les larmes de Dieu ruisselèrent de perles roses... Le ciel se teinta d'un mauve irisé.

 

Très loin, tout en bas, la Flamme Divine oscillait en sa céleste limpidité,

Un chant bien connu résonna à tes oreilles... Tu te surpris à le fredonner,

Une clameur s'éleva vers toi, vibrante en son exubérance joyeuse,

Tu sautas lestement... Une nuée plus basse te cueillit en ses franges pulpeuses. 

 

Le bonheur enflamma ton âme solitaire des ondes chaudes de la passion,

Des ombres tâtonnaient dans l'ocre de l'Eternité... Tu te figeas en un frisson.

Tes défunts compagnons étaient là qui t'entouraient de leur flamboyante amitié,

Complice, la lune scella vos retrouvailles... Le jardin gazouilla d'un écho enchanté.

 

"Amis humains" pépia le Roi des oiseaux : "Une autre échelle est là qui luit de ses paillettes d'or,

Suivez-la avec foi... Elle vous mènera tout droit au coffret d'un merveilleux trésor...

Attention cependant... Un seul faux pas et le vide sidéral vous engloutira à tout jamais...

Méfiez-vous, amis... car la ligne d'horizon est traîtresse en ses vertiges secrets !"

 

L'escalier déroula la blondeur de ses boucles charmeuses en une grâce infinie,

Le ciel s'embrasa d'une rousse lueur que l'obscurité mêla à ses sombres replis.

Tout en douceur, tu atteris sur la crête harmonieuse d'une pierre sacrée,

Un petit coffre reposait sur le sable fin... Tu en admiras la serrure ouvragée.

 

La clé manquait cependant... Tu la découvris sous la poussière endormie d'un caillou,

Tu t'en emparas d'un geste feutré... Le minuscule instrument se déroba d'un coup.

Attentif à ne pas le laisser choir, tu te rattrapas de justesse entre tes doigts crispés,

Tu actionnas le mécanisme... Une goutte de nacre jaillit du couvercle entrebâillé.

 

La sphère s'effila démesurément pour se muer en un violent tourbillon bleu,

Un ange en sortit qui étendit ses ailes immaculées sur la voûte palpitante des cieux.

La Terre apparut clairement, radieuse, merveilleusement belle en ses atours d'azur,

Tu te penchas vers sa surface... Borâq te contempla de ses immenses yeux purs.

 

"Nuit du Destin" supplias-tu : "Toi qui du Ramadan marques le vingt-septième jour,

Toi qui es paix et lumière sur Terre jusqu'à l'aube sereine du prochain jour !

Avant que l'Esprit et les anges ne s'envolent vers la planète de vie enlacés en la volonté de Dieu,

Permets que je t'ouvre mon âme meurtrie et te dévoile mon plus intime voeu !

 

J'ai emporté en moi, au jour fatal de mon terrible et infamant nauffrage,

La vision d'enfants innocents égarés sur les rives glacées de l'outrage.

Leurs graves petites frimousses sont, comme roses martyrisées, ancrées en mon coeur...

J'aimerais retirer de leurs pétales ensanglantés les épines fourchues du malheur."

Sur la plus haute nuée, Borâq t'observait de son regard incandescent,

La fontaine miraculeuse secoua ses grelots sauvages en l'air épicé du temps.

Muré en ton accablement, tu n'aperçus pas l'ange qui se tenait à tes côtés...

Une aile cendrée effleura ton épaule de ses plumes... Tu tournas la tête, étonné !

 

* La Nuit du Destin ou Laila al Qadr, 27ème jour du mois du Ramadan, date à laquelle le Coran a été inspiré. En cette nuit, les anges et l'Esprit descendent sur Terre par la volonté de Dieu. Cette nuit dit le Coran, est symbole de paix jusqu'au lever du jour. Les Musulmans ont pour tradition de tourner le regard vers le ciel car Dieu les entend ce soir-là plus particulièrement. Les enfants observent le ciel dans l'espoir d'une lumière qui exaucera leurs voeux." (Le Coran raconté aux enfants de Myra Daridan, Editions Les Portes du Monde)

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Lundi 1 mars 2010 1 01 /03 /2010 15:19
THE DJANIAT... THE GARDEN OF GOD - 7
THE LANGUAGE OF ANTS
 
 
Rushing out of the Realm of dreams, sublime in their apparent frailty,
The ants kept on marching in constant rhythm, a true little army.
In perfect attire, pacoles* of nacre perched a top their antennas of ebony,
They stood to attention in the pale shadow of the clearing.
 
 
Forty cannon-shots thundered in the powdered whiteness of the morning.
A golden state-coach appeared on the highway, alongside the woody banks,
swiftly riding. The forest streamed with satiny water, and The magnificent
team stopped at your feet…
  Two stern footmen aiding her, a young Queen stepped out of it.
 
 
Thin, tiny, delicate, bundled in a gown of ermine-edged petals,
A charming apparition glided towards you, inclining her little head of rose.
An enticing perfume of incense and geranium embraced the air and delighted your nostrils.
 Borâq sneezed in surprise… The breeze tossed him a teasing wink.
 
 
“Elect of God!” squeaked the Queen, in a voice high-pitched and precious,
“My subjects are at your disposal as the moment is ripe to set in motion!
Now starts your task to divulge to mandkind the power of the Almighty,
My friends the birds are among those who will help you
With their multi-couloured wings!’
 
“Gentle Majesty!” you smiled, fondly: “Noble Queen of black ants!
Your presence in paradise in such an honour! Allow me to give you thanks!
Once, as Sulaymân the Wise, God endowed me with precious gifts. 
I will put them at His service and most willingly submit to His vill!”
 
 
“Once upon a time”, cooed the King of birds in a melodious anthem,
“Sulaymân, on God’s instruction, had the throne of Saba *
Removed to Jerusalem .
Thus was the Queen of the Realm convinced that, in this very world,
existed a might superior to her own.
But what stratagem could we use today when the skyline hates us so
much as to bar us the road?”
 
 
   
“My dear birds and ants, faithful friends of mine!” you replied:
“You who are forming such a touching and curious alliance!
I would have you know that there is a symbol of faith to which even
the skyline has to give allegiance!
So will it be with the Divine Flame that
No substance on Earth will dare thwart.
 Find it. Seize it, kind creatures, and soon will be shining there
below the genle power of God!”
 
   
Feverishly, the tiny animals bustled about the garden
Until the elegant coming of dusk.
The sun slowly evanesced.*
The moon moaned her woe in the dark.
 
 
The night held out her ringed fingers and, majestically,
glided to refresh her mouth at the fountain.
A silver candle ascended from the water that the Queen of ants
promptly clutched in her ethereal hand!
 
"God's emblem is in my Royal possession!" simpered
The coquettish sovereign.
  Yet, no trace of flame upon the wick. How could it survive,
I wonder, at the very bottom of a fountain?
No doubt that the foaming water will snuff it out in its
swirls of purring streams.
Let us see… Where could it be but about the Elect of God himself?
Oh! I think I have caught the sight, it seems!"
 
Lifting up the silks of her train, the noble lady climbed
Upon the cliff of your arm.
Pompously, she ran to the thick fringe of your lashes.
The candle burned.
The breeze puffed out her cheeks and,
Lips rounded, blew the Holy symbol below.
The skyline dipped in a deep curtsy.
The Divine Flame crossed over the archway of yellow! 
 
 
* Ahmad Shah Massoud introduced the "pacole" or "pakol" in 1975. This coif originally came from Nouristan,   province of Afghanistan . It has now become the symbol of the Afghani resistance.
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Samedi 27 février 2010 6 27 /02 /2010 15:21

LE LANGAGE DES FOURMIS

 

Le langage des fourmis/The language of ants

 

 

Surgies du monde des rêves, sublimes en leur désarmante fragilité,

Les fourmis avançaient en cadence soutenue, véritable petite armée.

En rangs bien alignés, pacoles* de nacre au bout de leurs antennes,

Elles se figèrent au garde-à-vous à l'ombre pâle de la clairière.

 

Quarante coups de canon tonnèrent en la blancheur poudrée du matin,

Un carosse doré apparut qui s'engagea sur les rives boisées du chemin...

La forêt ruissela  d'une onde de satin, le somptueux attelage s'arrêta à tes pieds...

Une jeune Reine en sortit, aidée en ses pas menus par deux austères valets.

 

Fine, délicate, minuscule, engoncée en sa belle robe de pétales ourlés,

La charmante apparition glissa jusqu'à toi, inclinant sa jolie tête couronnée.

Un parfum capiteux d'encens et de géranium vint chatouiller tes narines,

Surpris, Borâq éternua... La brise lui décocha une oeillade taquine.

 

"Elu de Dieu" crissa la Reine d'une voix précieuse et suraiguë,

"Je mets mes sujets à ta disposition car le moment d'agir est venu !

A toi de démontrer aux hommes de la Terre la toute puissance de Dieu...

Mes amis oiseaux sont là aussi qui, de leurs ailes multicolores, t'aideront au mieux !

 

- Gentille Majesté" souris-tu amusé : "Noble Reine des noires fourmis !

Ta présence en ce lieu m'honore grandement... Permets que je t'en remercie !

Comme autrefois Sulaymân le Sage, Dieu me combla de dons précieux...

Je les mets donc à Son service... Qu'il en soit fait selon Ses voeux !

 

- Jadis, il y a bien longtemps" roucoula mélodieusement le Roi des oiseaux,

"Sulaymân fit transporter le trône de Saba jusqu'à Jérusalem, sur ordre du Très-Haut.

Ainsi la reine de ce pays fut-elle convaincue qu'il existait une puissance supérieure à la sienne...

Mon quel stratagème employer aujourd'hui alors que la ligne d'horizon nous fait obstacle de sa haine !

 

- Amis oiseaux, fidèles fourmis" répondis-tu : "Vous qui formez si curieuse et touchante alliance...

Sachez qu'il est un symbole de foi auquel même la ligne d'horizon se doit de faire allégeance !

Il en va ainsi de la Flamme Divine que nulle matière de l'univers ne saurait venir contrer,

Capturez-la gentilles créatures... et le pouvoir de Dieu rayonnera sur Terre à tout jamais !" 

Fébriles, les petits animaux s'activèrent jusqu'à l'ombre raffinée du soir,

Le soleil s'estompa doucement... La lune bâilla son désespoir...

Le crépuscule étendit ses doigts bagués et, majestueux, s'en vint se désaltérer à la fontaine...

Une bougie d'argent s'éleva de l'onde que la Reine des fourmis cueillit d'une main aérienne !

 

"Le symbole de Dieu est en ma royale possession" minauda la coquette souveraine,

Point de trace de Flamme cependant... Comment pourrait-elle survivre d'ailleurs, au fond d'une fontaine ?

Nul doute que l'eau mousseuse l'éteindrait de ses remous ronronnants et tumultueux...

Voyons... Où chercher à présent si ce n'est auprès de l'Elu lui-même... oui, de l'Elu de Dieu ?

 

Relevant sa traîne de soie, la noble demoiselle escalada la falaise de ton bras,

Pompeuse, elle trottina jusqu'à la frange fournie de tes cils... La bougie s'éclaira...

La brise enfla ses joues et de sa bouche arrondie souffla l'objet sacré vers la Terre...

La ligne d'horizon inclina le front avec révérence... La Flamme Divine franchit l'atmosphère.

 

* La célèbre coiffe des Moudjahiddin, importée du Nouristan, devenue le symbole de la résistance afghane.

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Vendredi 26 février 2010 5 26 /02 /2010 15:31
THE DJANIAT... THE GARDEN OF GOD -6
THE SPIRIT OF THE WIND
 
L'esprit du vent/The spirti of the wind
Illustration:  Rudy Van Giffen/Copyright:  Monique Decamps 


As you closed the Book, a strong squall ruffled the clearing,
The moon became rounder in her nest.
Apprehensively,the little creatures retreated.
Frantically, the branches collapsed like reeds caught in the wind's impetuous breath...The Garden of God reverberated with a strange echo.
Borâq shivered, violently.
 
Entwined by their poor twisted blades, the plants squealed in the sharp vice of suffering,
The stars, seized by the sapphire whirl of the night, knelt in bitter wailing.
The trees, half-uprooted, threw off their exquisite crowns of emerald leaves.
The rain unleashed its torrents while the wounded ground gorged itself with boiling mist.
 
Miraculously spared, you jumped to your feet and there kept watch.
The clinging wind constricted your waist in a silver knot.
Enormous, viperous, the typhoon spat its venom of torment upon the ocean shore,
Its cutting fangs skimmed over your face while crests of wave glowed with drops of blood.
 
"Malicious Spirit!" you exclaimed in anger: "Were I Sulaymân the Wise, *
I would command you to diminish and fly elsewhere… to haunt another site!
As encircling my body with your belt of doom will avail you not,
God protects me with His Divine Grace.  With Him at my side I fear you not!"
  
At your intense amazement, the monstrous festoon undulated and abated a little, The typhoon weakened and mutated into a storm, less and less turbulent.
You gazed at the mysterious and docile form, slowly shrinking fascinated.
The waves washed the tears of the moon. Once more, the forest breathed its relief. 
 "Elect of God!" the colossal reptile hissed, lashing its long and large forked tongue, Henceforth Sulaymân's powers are yours.  Why not use them against the pagans? Here, in my slim of sides, lies enmity enough to seed the Earth with terror. Who then would doubt God's existence?This, I consider, is a most noble mission!"
 
"Spirit of Wind" you answered, sadly, "Faith is an exquisite and delicate flower. Never will it bloom under the barbarous yoke of tyranny. This is a lesson I had to master.
A soul bent under oppression will not sincerely devote itself to piety…
More is gained by the transparent veil of tenderness, my friend. I can tell thee!"
  
"Son of Light! » sighed the wind: "Your words exhale the sweetness of the petals of rose.
Who would wonder if, under the gentle spell of their symphony, I am lifted and transposed?
Here I swing a harmless breeze, dancing to the light purple refrain of the forest.  I I have sipped a philtre* of love from your lips, my friend, and revel in your astuteness!"
 
  A radiant dawn crimsoned the sky; the sun lifted the lace of his cradle.

Borâq neighed with joy. The air twittered with the charming melody of the birds. In thousands, tiny ants left their nest of dust and, swiftly, ran to greet your eyes. A bubble of serenity hung over your heart that you gently welcomed in the refuge of your arms.

 
* Philtre: magical charm or potion.
**Sulaymân or Solomon, common belief to the 3 Monotheist religions:  Christianity, Judaism and Islam. Solomon used to speak with animals, especially with ants and birds and also to the wind.
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Jeudi 25 février 2010 4 25 /02 /2010 15:16

LE DJANIAT... LE JARDIN DE DIEU - 6

L'ESPRIT DU VENT

 

L'esprit du vent/The spirit of the wind

Illustration: Rudy Van Giffen/Copyright:  Monique Decamps

 

  

Alors que tu refermais le Livre, une puissante rafale s'en vint décoiffer la clairière...

La lune se fit plus ronde en son refuge... Inquiets, les animaux se couchèrent...

Les branches affolées plièrent comme roseau sous le souffle impétueux du vent,

Le jardin de Dieu s'emplit d'un étrange écho... Borâq frissonna violemment.


Ecartelée en ses pauvres brins tordus, l'herbe crissa sous l'étau vif de la douleur,

Les étoiles, happées par le tourbillon bleu de la nuit, s'abîmèrent en pleurs...

Les arbres, à demi-déracinés, égarèrent leurs couronnes de feuilles verdoyantes,

La pluie déchaîna son déluge... Le sol meurtri se gorgea d'une écume bouillonnante.

Miraculeusement épargné, tu te levas d'un bond pour mieux observer,

Une guirlande de tempête apparut soudain qui enserra ta taille en son noeud argenté...

Démesuré, vipérin, le typhon exhala son venin sur le rivage tourmenté de l'océan,

Ses crocs acérés frôlèrent ton visage...  La crête des vagues s'irisa de gouttes de sang.

"Méchant Esprit" t'exclamas-tu, indigné : "Si seulement j'étais Sulaymân le Sage,*

Je te demanderais de te faire petit, de t'en aller ailleurs... vers un autre voyage !

Car entourer mon corps de ta ceinture maléfique ne servira à rien...

Dieu me protège de Sa grâce divine...  Avec Lui à mes côtés, je ne crains plus rien !"

A ton intense stupeur, le monstrueux ruban ondula et se fit plus fin...

Le typhon s'affaiblit pour se muer en cyclone, puis en tornade, en ouragan enfin...

Ebloui, tu contemplas la mystérieuse forme docile qui lentement diminuait...

Les vagues lavèrent les larmes de la lune... La forêt se remit à respirer.


"Elu de Dieu" siffla l'énorme reptile, exhibant sa longue langue fourchue,

"Les pouvoirs de Sulaymân sont tiens désormais... Que ne les utilises-tu ?

J'ai encore en mes flancs visqueux assez de hargne pour semer la terreur sur la terre...

Ainsi les hommes ne douteront plus de l'existence de Dieu... Je m'emploierai à les convaincre !


 

- Esprit du vent" répliquas-tu, attristé : "La foi est une fleur délicate et exquise...

Qui ne peut s'épanouir sous le joug barbare de la tyrannie... C'est la leçon que j'ai apprise  !

L'âme qui ploie sous l'oppression ne saurait s'adonner sincèrement à la piété...

On obtient bien plus par le voile clair de la douceur, mon ami...  Sois-en persuadé !

 

- Fils de Lumière" soupira le vent : "Tes paroles ont la tendresse des pétales de rose...

Comment s'étonner si je m'étourdis à leur envoûtante symphonie et à nouveau me métamorphose ?

Me voici à présent devenu brise inoffensive dansant sur les notes mauves de la forêt...

Je bus philtre d'amour à l'ombre de tes lèvres, ami... et je m'en suis grisé !"

 

Une aube radieuse empourpra le ciel, le soleil souleva les dentelles de son berceau...

Borâq hennit de bonheur... L'air gazouilla du chant suave des oiseaux.

Par milliers, des petites fourmis quittèrent leur abri de terre et trottinèrent jusqu'à toi...

Une bulle de sérénité plana sur ton coeur que tu cueillis gentiment à l'abri de tes bras.

 

* Sulaymân ou Salomon, croyance commune aux trois religions monothéistes : le Christianisme, le Judaïsme et l'Islam.

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Mardi 23 février 2010 2 23 /02 /2010 15:14

THE DJANIAT... THE GARDEN OF GOD - 5

THE BOOK

Le Livre/The Book

Illustration:   Rudy Van Giffen/Copyright:  Monique Decamps

 

Darting his last rays, the sun vanished in the veils of his golden cradle.

The night slipped on her gloves of dark silk.  Borâq ceased to gallop.

One by one, the creatures gathered round you on the carpet of green.

Taking the Koran out of your pocket, the words formed slowly on your lips.

 

"Little companions, seated about me on the forest's hidden velvet,

Were you of my race, this is the lovely story I would tell:

In times of old, in Mecca , a city lost in the wilds,

Lived a young orphan Mohammad* whose solitude was

 the only friend all the while.

 

One day, as the child entered a cave to meditate inside,

An angel arose in glory before him, leaving him mystified.

"Read!" gently whispered the mysterious and sublime apparition.

"I cannot read!" answered Mohammad, his cheeks flushed with confusion.

 

"Read! » repeated the angel in a friendly and melodious tone.

"I cannot read!" stammered the child:  "I am too poor to learn and so alone!

- Read in the name of God who is the Creator of us all! » insisted the angel,

"Gibril** is my name and from the One God Allah I bring thee a message!"

 


Thus did little Mohammad receive the Holy Word into his heart,

And deeply touched by grace divine, his fear took flight.

Ever since those distant days, we praised him as our Prophet.

Islam is our religion, the Koran, our Book of prayers!

 

Little friends of mine, creatures of Our Lord,

what bewilderment fills your eyes!

You will have to know that here below two other books are

sacred and revered.

These holy books, like the Koran, come from the hand

of the same and one God!

 

 

Their disciples are all brothers… How hideous an evil for them to fight!

 

 

Further, on equal level, above the blue borders of the next cloud,

Floats the Jewish holy Book, transcribed by Moussa, also called Moses!

And, on the opposite shore, lost on the snowy crest of another haze,

The Holy Bible of Issa, that is to say Jesus, unveils its page.

 

 

During my difficult passage on Earth, I met men and women

 of the three religions,

"People of the One Book" and I welcomed them as guests, so eager was I

to respect their traditions!

Poignant memories of those splendid friendships fill my heart,

Time holds them in abeyance yet they are forever impressed in the warm breath of Eternity!

 

Creatures of the Almighty, you who are purity and complete innocence!

How could you guess what is the scourge of intolerance?

Yet, there are people in this word below who, by their bad behaviour,

 sully a whole religion.

Those will have to answer on the Last Judgement

of their nasty and fatal passions.

 

Kind little friends of mine, my words like wine have filled

 your large and shining eyes,

Were you girls or boys, I would ask you to read,

to choose your own creed,

For the Holy Book teaches us the love of Our Neighbour

and the beauty of living.

Those who, in God's name, sow the seed of hatred, violence and terror

have no understanding!"

 

 

 

*   The Prophet Mahomet

** The Angel Gabriel, common belief to the Muslim and Christian religions

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Lundi 22 février 2010 1 22 /02 /2010 15:58

LE DJANIAT... LE JARDIN DE DIEU - 5

LE LIVRE

  Le Livre/The book

Illustration:  Rudy Van Giffen/Copyright: Monique Decamps

 

Le soleil darda ses derniers rayons et disparut en les voiles de son berceau doré,

La nuit enfila ses gants de soie brune... Borâq cessa de galoper...

Un à un, les animaux s'alignèrent en cercle sur un tapis de verdure,

Tu sortis le Coran de ta poche... Très lentement tu leur en fis lecture.

 

"Petits compagnons, vous qui m'entourez assis sur le velours obscur de la forêt,

Si vous étiez humains, voici la belle histoire que je vous conterais :

Autrefois, il y a bien longtemps, en une ville appelée La Mecque...

Vivait une jeune orphelin du nom de Mohammad* pour qui la solitude était compagne coutumière !*

 

Un jour, alors que l'enfant se rendait en sa grotte pour y méditer,

Un ange lui apparut en sa splendeur, le laissant tout bouleversé...

"Lis... " souffla doucement la mystérieuse et sublime apparition...

"Je ne sais pas lire !" répondit Mohammad, les joues rouges de confusion.

 

"Lis... " répéta l'ange d'un ton aimable et mélodieux...

"Je ne sais pas lire !" balbutia l'enfant : "Je suis bien trop miséreux !

- Lis au nom de Dieu qui a créé ! insista encore l'ange,

"J'ai pour nom Gibril** et du Dieu unique Allah te porte message !"

 

C'est ainsi que le petit Mohammad reçut la parole sacrée en son coeur,

La grâce divine le toucha si bien qu'il en oublia sa frayeur...

Et depuis ces temps lointains, nous le louons comme notre Prophète...

L'Islam est notre religion, le Coran notre livre de prières ! 

 

Petits amis, créatures de Notre Seigneur, vous qui m'observez sans comprendre,

Sachez encore qu'il existe deux autres Livres tout aussi saints et vénérables.

Car ces recueils sacrés sont, comme le Coran, issus d'un seul et même Dieu !

Leurs adeptes sont frères... Il n'est donc pas permis qu'ils se combattent entre eux !

 

Plus loin, à niveau égal, sur les franges bleutées de la nuée voisine,

Flotte le Livre saint des Hébreux transcrit par Moussa, autrement dit Moïse !

Et sur la rive opposée, égarée sur la crête neigeuse d'un autre nuage,

La Sainte Bible d'Issa, c'est à dire Jésus, nous révèle ses pages !

 

Lors de mon éprouvant passage terrestre, je rencontrai des hommes et des femmes de ces trois religions...

Ceux que l'on nomme "Gens du Livre"... Je les reçus en invités, soucieux que j'étais de respecter leurs traditions !

Et j'ai au coeur le souvenir poignant d'éblouissantes amitiés,

Demeurées en suspens depuis... mais à jamais gravées dans le souffle chaud de l'Eternité ! 

 Créatures du Tout-Puissant, vous qui êtes pureté et candide innocence,

Comment pourriez-vous envisager à l'ombre de vos petites têtes ce qu'est le fléau de l'intolérance ?

Il est cependant sur terre de mauvaises gens qui par leur triste comportement ternissent toute une religion...

Ceux-là auront à répondre au jour du Jugement Dernier de leurs terribles et funestes passions ! 

Gentils amis, vous qui buvez mes paroles de vos beaux yeux immenses,

Si vous étiez filles ou garçons, je vous demanderais de lire, d'avoir une croyance...

Car le livre saint nous enseigne l'amour du prochain et la beauté de la vie...

Ceux qui au nom de Dieu sèment haine, violence et terreur n'ont vraiment rien compris !" 

 

*  Le Prophète Mahomet

** L'archange Gabriel, croyance commune aux religions musulmane et chrétienne

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Samedi 20 février 2010 6 20 /02 /2010 15:23
THE DJANIAT... THE GARDEN OF GOD - 4
THE GARDEN OF GOD
 
Le jardin de Dieu/The garden of God
Illustration:  Rudy Van Giffen/Copyright:  Monique Decamps


 
In God's kingdom, the sky had wedded the sea and its waves of blue.
Borâq snorted with delight.   The night threw him a glance
in a caressing mood.
The creature gently knelt, a curl of sapphire flying on his mane.
The wounded wing miraculously healed. Fascinated, you dismounted and dropped to the land.

 

 
 
The azure herbs accepted your bare feet into the intense chill
of its sweet dew.
The horse sank onto his side. The long lashes twitched around
his eyes of silver-blue.
Moved by his extreme lassitude, you embraced his neck
with diaphanous arms.
A symbol of tenderness trickled to imprint itself on the reins
 as a light watermark.

 

 
 
The air exalted your senses with its bouquet of rose and jasmine.
Borâq quietly sighed. A benevolent torpor enwrapped him in its harp string.
Aware of his exhaustion, you remained still, nestled
in the warmth of his body,
The idle aurora left her bed of rainbow, lingered for a while,
then extended her beauty.

Following her fair and silken tresses, divine music gushed forth
 from the moon.
A translucent butterfly landed on your forehead. Borâq sweetly
 moved his hooves.
The flowers bowed low, graceful corollas set as coronets
 upon their little heads,
The stems started a green farandole;* a spray of lilies shook their bells.

 

 
 
In God's kingdom, the wood had wedded the river and its waves of mist,
Noah's Ark ** slowly came into sight, a veil of nacre*** beading in its midst.
The garden chattered in carefree whispers, a breeze of emerald
ruffled the clearing.
Borâq chuckled in his idyllic slumber.
   A pretty tulip gave him a kiss.

A furtive squeaking sound in the luxuriant moss aroused your curiosity.
The bushes opened their thick fringe; the trees sprouted their little noses.
A frail creature appeared who curled upon your heart with an airy spring.
The gold of your twin glances blended deeply
 in the serene clarity of the morning.
You gazed at one another in an impulse of pure and mysterious alchemy.
The grey-coloured shadow turned into a gypsy-cat, dancing a minuet
 with its four little feet… 
 
"Creature of Our Lord!" you cried out, elated with such a stormy affection,
Are you the reflection of reality or am I still the prey of treasonous illusion?
"My human friend" pouted the cat: "These are nasty thoughts indeed!
Are you so blind as not to recognise the late soul
 of a mischievous will-o-the-wisp?
Already, for six years, I have been wandering through this fairyland in the secret hope of welcoming you.
There is nothing of a pink cloud in me. A pure spirit such as mine
would not dare lie to you!"


"Lovely friend" you answered, remorsefully: "Far be it from me is the idea to give you umbrage.
I expect that you are worried. Who are these two silhouettes
following in your wake?
Speak to me, as I can feel within my being
the stormy flow of uneasy thoughts.
Anguish has taken hold of you, pretty one. 
Share your torments with me if you want!"


"Elect of God!" stammered the creature: 
"On Earth, Father Time runs faster it would seem!
You have just reached this garden of bliss,
yet there ten months will have elapsed!
At this turn of the tide, my brother Dog scrutinizes the skyline
 from his glowing nostrils.
Our beloved sister will soon cross it.
I could not bear her forehead to bleed at its sharp threshold!"


Seated on its hindquarters, a black kitten watched
on the outskirts of a thicket.
A dog soon joined it on the path and, ears cocked, on the watch remained.
At the crystalline melody of your voice, the embers
 fired your eyes with a divine ray.
You sank into a deep prayer.
 An Opaline rain split the clouds of light grey.


Knelt by the waterside, you brushed the ground with a sacred wave.
Borâq arose briskly. A burning light poured out to pierce the Milky Way.
A dark shadow appeared that you gently held in the palm of one hand.
The cat came back to life. The skies streamed down their strands.
In God's kingdom, the day had wedded the night and its waves of love,
A tinge of purple suffused the garden. The sun nobly disrobed.
The moon shifted back and forth, awaiting the coming of nightfall to unfold the whiteness of its wings.
Far below, Borâq galloped in silence, four little creatures nestled
 between his wings.
  
 
 
*     Farandole : Dance from Provence (South of France) where the dancers move in file, hand in hand.
**   Noah's Ark (Nouh in Arabic language), common belief to the Muslim and Christian religions.

*** Nacre : Mother-of-pearl.

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Vendredi 19 février 2010 5 19 /02 /2010 15:10

LE DJANIAT... LE JARDIN DE DIEU - 4

LE JARDIN DE DIEU






Le jardin de Dieu/The garden of God

Illustration:  Rudy Van Giffen/Copyright Monique Decamps




 

Au royaume de Dieu, le ciel et la mer avaient uni leur bleu en mariage d'amour,

Borâq hennit joyeusement... La nuit le caressa de ses yeux de velours...

L'animal ploya le genou, une boucle de saphir s'en vint orner sa crinière...

L'aile blessée guérit miraculeusement... Subjugué, tu te laissas glisser à terre.*

 

L'herbe d'azur reçut tes pieds nus en la fraîcheur intense de sa douce rosée,

Le cheval se coucha sur le flanc... Ses longs cils clignotèrent sur ses yeux argentés.

Emu de son extrême lassitude, tu entouras son cou de tes mains diaphanes,

Un symbole de tendresse en jaillit qui s'imprima sur ses rênes en léger filigrane.

 

L'air te grisa les sens de ses effluves de roses et de jasmin,

Borâq soupira de quiétude... Une torpeur bienfaisante lui fit refuge de son sein.

Attentif à ne pas l'éveiller, tu demeuras immobile, blotti en sa chaleur,

L'aurore sortit de son lit arc-en-ciel... Paresseuse, elle étira sa blondeur.

 

Au passage de ses tresses soyeuses, la musique divine se répandit en flots,

Un papillon translucide se posa sur ton front... Borâq remua ses sabots.

Les fleurs s'inclinèrent en révérence, gracieuses corolles à leurs petites têtes,

Les tiges entamèrent une verte farandole, un brin de muguet agita ses clochettes. 

 

Au royaume de Dieu, le fleuve et la forêt avaient uni leur brume en mariage d'amour,

L'arche de Nouh* en surgit lentement, voile de nacre sur la crête du jour.

Le jardin s'emplit de murmures rieurs, une brise d'émeraude échevela la clairière,

Borâq gémit en son sommeil idyllique... Une jolie tulipe le baisa aux paupières.

 

Un crissement furtif sur la mousse luxuriante attisa ta curiosité,

Les buissons écartèrent leur frange touffue, les arbres pointèrent le bout de leur nez... 

Une gracile créature apparut qui se nicha sur ton coeur en un bond aérien...

L'or de vos deux regards fusionna vivement en la clarté sereine du matin. 

 

Une mystérieuse alchimie vous poussa l'un vers l'autre en un élan passionné,

L'ombre grise se fit chatte-gitane, ses pattes frêles esquissèrent un charmant menuet...

"Créature de Notre Seigneur" t'écrias-tu, enivré d'une si belle affection,

"Reflètes-tu la réalité ou serais-je encore la proie d'une trompeuse illusion ?

 

- Charmante amie !" répondis-tu, navré. "Loin de moi l'idée de te porter ombrage...

Je te devine préoccupée.. Quelles sont ces deux silhouettes qui courent en ton sillage ?

Parle-moi car je ressens en mon être le flux tourbillonnant de tes pensées...

L'angoisse te ronge, mignonne créature... Tu peux la partager avec moi, si cela te plaît !

 

- Elu de Dieu" balbutia la chatte : "Le temps court plus vite sur terre, bien plus qu'il ne faudrait !

Tu viens à peine d'arriver en ce jardin béni alors que là-bas dix mois sont déjà écoulés !

En cet instant précis, mon frère chien scrute de son museau roux la ligne d'horizon...

Notre soeur bien-aimée en franchit le seuil  tranchant ce matin... Je voudrais éviter qu'elle se blessât au front !

 

Campé sur son minuscule derrière, un chaton sombre t'épiait aux abords d'un fourré,

Un chien le rejoignit bientôt sur le chemin, une oreille pendante aux aguets...

Au cristal de ta voix, la braise alluma ton regard d'une lueur divine...

Tu t'abîmas en une profonde prière... Les nuées s'irisèrent d'une pluie opaline.

 

Prosterné sur les rives du fleuve, tu effleuras le sol en un geste sacré...

Borâq se leva d'un coup... Un intense rayon s'en vint percer la voie lactée...

Une ombre noire en jaillit que tu cueillis en douceur tout au creux de tes mains...

L'animal revint à la vie... Le ciel ruissela de fines perles de satin. 

Au royaume de Dieu, le jour et la nuit avaient uni leurs astres en mariage d'amour,

Une rouge pénombre envahit le jardin... Le soleil se défit de ses nobles atours.

La lune demeura suspendue, à guetter le moment propice d'étirer la blancheur de ses ailes...

Tout en bas, Borâq galopait en silence, quatre petites créatures lovées entre ses ailes.



 

* Nouh ou Noé, croyance commune aux religions musulmane et chrétienne. 

* Note : les animaux décrits dans ce poème ont vraiment existé. Il s'agit de Gypsy, la chatte-gitane, Youki, le chien roux, Chocolat Junior, la chatte noire et Chocolat, la minuscule chatte noire. A cette liste d'animaux chéris et disparus vient désormais s'ajouter Nounours et Ruby. Tous reposent en paix dans le jardin de Dieu aux côtés de Massoud, un fervent ami des animaux.

- Publié dans : MASSOUD
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